Ciné, cinoche #150114

Histoires de famille? Mère et fils, frère et sœur. Une pathologie contre-œdipienne dans le film roumain de Calin Peter Netzer. Les frères Larrieu quant à eux installent dans la neige suisse l’univers érotique d’un thriller psychologique avec un frère et une sœur pas très nets et ils sont pas les seuls. Deux films et deux comédiens bluffants: Luminita Gheorghiu et Mathieu Amalric.

Avis et extraits

minuitteurRémy Roche

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Mére et fils Calin Peter Netzer (Roumanie) 1h52                                                   

Tout sur mon fils

Bucarest. Cornelia, la soixantaine un peu fatiguée mais généreuse, fait partie du beau mÈre_et_fils__photo_1_©_cos_aeleneimonde d’une bourgeoisie aisée qui s’entretient de bonnes et anciennes relations bien placées. Une femme de tête qui croit pouvoir toujours tout dominer. Mais un être lui résiste, pas son mari chirurgien qu’elle méprise et qu’elle a relégué dans une chambre à part, non celui qui lui fait défaut c’est Barbu, sonmÈre_et_fils__photo_3_©_cos_aelenei fils unique et chéri. C’est simple, Barbu déteste sa mère qui ne lui rend pas et s’acharne au contraire à le conquérir. « Une relation pathologique avec un Œdipe très élevé » précise Calin Peter Netzer, le réalisateur. En effet, elle ne renonce jamais et quand Barbu, au volant de sa belle voiture de sport et en excès de vitesse, renverse et tue un enfant dans un quartier populaire, Cornelia va tout mettre en œuvre pour sauver son fils de la prison, quand bien même celui-ci, égal à lui-même, lui demande sèchement de ne se mêler de rien. Elle a ses amis avocats, son réseau chez les flics et dans les ministères et de l’argent pour acheter les faux témoignages et le chagrin de parents éplorés.
Ours d’Or du dernier festival de Berlin, « Mère et fils » séduit, Netzer y a mis du sien, il confie que que le scénario est inspiré de sa propre relation avec sa mère. Jusqu’à être trop dedans en laissant le spectateur interrogateur sur les ressorts de ses personnages principaux, pourquoi cet acharnement de cette mère possessive, pourquoi cette indifférence dépressive du fils gâté et donc pourquoi un final très consensuel? Pourtant on se laisse emporter dans cette tempête familiale, soufflés par une formidable comédienne, Luminita Gheorghiu, qui est quasiment de tous les plans avec une égale conviction.
« Mère et fils » dit également beaucoup sur une société roumaine qui ne s’est toujours pas débarrassée des tares et turpitudes de l’ancien régime de Ceaucescu, humiliations et soumission pour le peuple, luxe, passe-droits et corruption pour quelques autres. Une spécificité roumaine?

photos: © Cos Alenei

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L’amour est un crime parfait Jean-Marie et Arnaud Larrieu (France) 1h51

Responsable mais pas coupable

Marc est prof dans une belle université suisse, brillant, accessoirement beau gosse qui fait craquer ses élèves féminines. Dans ce terrain de chasse, il n’a plus qu’à cueillir les plus jolies. Et à les amener pour consommation dans son chalet montagnard qu’il partage avec une sœur elle-même séduite et jalouse, à la limite de l’inceste, par ce frère hypnotique. Le problème c’est que certaines de ses conquêtes, et pas seulement, disparaissent. Marc serait-il un tueur en série? Alors ce serait involontaire, responsable mais pas coupable,"Amour Crime Parfait" de Arnaud et Jean-Marie Larrieu ou l’inverse, vous jugerez… Anna, qui se présente comme la belle-mère d’une des disparues vient demander des explications à Marc, simple prof? Elle est très belle, Marc tombe sous son charme, elle aussi apparemment, pas sûr que ce soit une bonne idée.
Un thriller psychologique, et « amoureux« , précisent les Larrieu, adapté d’un roman de Philippe Djian (« Incidences« ). Dans un univers ouaté, érotique, de neige qui étouffe les sons mais marque le rouge du sang, un personnage principal omniprésent, fascinant, obnubilant, presque trop au risque d’affaiblir l’ensemble. "L'AMOUR EST UN CRIME PARFAIT" Un film de Arnaud et Jean-Marie LarrieuN’empêche qu’il est servi par un Mathieu Amalric royal (quatrième collaboration avec les frères Larieu) qui (em)porte le film. Sara Forestier en étudiante goulue confirme son énorme potentiel d’actrice et Maïwenn, en pretty woman-agent double, signe l’un de ses meilleurs rôles. On se délecte, même si on se dit, pourquoi? que d’autres frères, les Coen par exemple, auraient fait de cet amour un crime encore plus parfait.

photos: © Jérôme Prebois

et toujours les e-toiles de DMDM 3.0

minuitteurRémy Roche

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