Paris Tour 13, l’émotion de la démolition

Tour13

Avant d’être un style, le Street Art c’est le choix, certes contraint, d’un support, celui de la ville dont on squatte les surfaces. Murs, palissades, rames de métro et de trains de banlieue, mais aussi (phénomène à expliquer) les camions de fruits et légumes qui font les marchés. Espaces publics.

Paris Tour 13, c’était tout autre chose...

minuitteurRémy Roche

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« Mademoiselle Else », le tg STAN prend la Bastille

« Comme si toute ma vie, hélas, n’était pas faite de vacances… »

mademoiselleElse02Des vacances estivales troublées par un marché sordide, des pensées qui divaguent avant l’irréparable, ou comment une jeune fille interroge le passage à l’acte. Dépouillements au théâtre de la Bastille avec Mademoiselle Else, par le tg STAN.

GeraldineGéraldine Dolléans

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Ciné, cinoche #291013

Rémy Roche

De films en films (3 à son compteur de réalisatrice), Valeria Bruni Teddeschi, qu’on aime déjà beaucoup dans son authenticité et sa fraîcheur de comédienne, s’affirme comme une fine lame cinéaste. Après « Il est plus facile pour un chameau… » et « Actrices » voici « Un château en Italie« .

Comédies? Surement, on rigole, mais les larmes ne sont pas loin, obligé au statut de voyeur, à mater ses vrais inconforts personnels qui la rongent dans une histoire familiale complexe et complexante. Pauvre petite fille riche qui aurait trouvé dans la distanciation du métier de comédienne les effets d’une cure. ITW France 24 (elle est crispée).
Cette fois encore, on se régale de ses inventions simples de mise en scène et dans sa direction d’un casting impeccable. Ou presque.
Un pitch? Elle est une ancienne actrice et se fait lourdement draguer par un acteur neurasthénique. Après avoir résisté elle craque et embarque le beau gosse dans ses histoires de famille italienne. Sa mère, une vieille mais très riche peau, qui a négligé l’éducation de sa descendance, veut vendre son château et ses inestimables oeuvres d’art. Mais il y a un frère, fils chéri, devenu mélancolique et insupportable depuis qu’il est atteint du sida et qu’il va mourir. Est-ce pour ça qu’elle veut un enfant de son amant qui ne s’y résout que par faiblesse via in-vitro. Car la dame n’est plus toute jeune. Fausse-couche, séparation mais apparemment happy-end.
Pas mal.
Sauf qu’on peut se lasser des auto-analyses cinématographiques de Valeria. Elle y convoque aussi les vrais acteurs de sa vie, sa vraie mère, Louis Garrel n’est pas inconnu pour elle, et les faux jouent les vrais rôles de son entourage. Doit-on craindre que dans cette série auto-fictionnelle apparaissent dans le prochain numéro sa vraie sœur, voire son vrai beau-frère présidentiel? Dramatique, la comédie serait alors à son comble. Mais peut-on lui suggérer de changer de sujet?
Certes, Woody Allen en avait fait un fond de commerce constamment salué par la critique et le public français.

A noter que « Un château en Italie » sera projeté dans le cadre du festival de Villerupt (Lorraine), le rendez-vous annuel du cinéma italien.

Tiens Woody Allen, on est pas sûr d’avoir adoré  « Blue Jasmine« , reproduction un peu vieillissante d’un réalisateur qui avait été génial mais systématique. Et qui ces derniers temps fait figure de tâcheron sympathique.

A ne pas confondre avec « Jasmine » tout court, du français Alain Ughetto. Un fil d’animation pâte à modeler lui aussi autobiographique. Il avait rencontré en France peu avant la révolution khomeiniste de 78 une iranienne qui l’avait emmené dans son pays pour vivre en live l’évènement historique. Mais ça sera pas si beau que ça: charia, exécutions sommaires, il rentre en France quand elle préfère rester sur place, malgré tout. Il continueront d’échanger par lettres et c’est tout ce courrier qui sert de matière au film. Qui documente un peu trop avec des archives video au risque de mettre en péril la dimension intimiste du propos. L’animation modelée n’a rien de révolutionnaire et les décors sont un rien bâclés.

 » Workers « , pas vu, mais un très bon et très fiable ami recommande cette fable sociale mexicaine mettant habilement en scène deux prolos floués par un système et des individus qui ignorent leur égoïsme. Distribué par ASC Distribution dont DMDM 3.0 salue le constant travail de découvreur de belles et originales toiles.

Sociale encore, bien que ce soit la super-production de la semaine:  » Snowpiercer « . La planète est entrée en glaciation, les survivants sont condamnés à survivre à bord d’un train qui effectue des rotations autour du globe. Mais à bord, les riches sont dans les wagons de tête, les pauvres en queue. La lutte des classes ne souffre pas des cataclysmes.
On peut s’étonner que le réalisateur coréen Bong Joon-Ho change radicalement et spectaculairement de manière. Mais dans ce nouveau registre, on ne doit pas douter de la sincérité de celui qui avait réalisé le formidable  » Mother « , bouleversante histoire de la descente aux enfers d’une femme, passionnément mère d’un enfant handicapé mental, impliqué dans un meurtre. Spirale sacrificielle, à contre-pied des standards dont on veut croire qu’il ne cède pas dans ce projet à 40 millions de dollars.

On ne sait pas combien ça avait couté, sans doute très cher, réédition sur les écrans des  » Dix commandements « , du maître du péplum, Cecil B. DeMille. Ramses c’était Yul Brynner. Moïse, après avoir reçu les tables de la loi ouvrait les eaux de la Mer Rouge pour sauver le peuple des esclaves, c’était Charlton Heston, reconverti ensuite en apôtre moins catholique de la libre circulation des armes. A revoir, 3h40 de grand spectacle, ne serait-ce que pour l’ambition d’une mise en scène grandiose, accessoirement sourire avec condescendance de la grossièreté des trucages qui ne connaissaient pas le numérique…

et toujours les e-toiles de DMDM 3.0

« La vie d’Adèle« 
« La bataille de Solferino »
« Sherif Jackson »
« Baikonur »   (>>)

minuitteurRémy Roche

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« Essences » par Actes Sud

EssencesActesSud

« Essences » est une nouvelle collection chez Actes Sud inaugurée par Anne-Marie Garat « La première fois » et Céline Curiol « A vue de nez ».
Cette collection attachée au parfum et à tout ce qui en découle est une porte ouverte à tous les imaginaires…

La dernière visite dans sa maison de famille bientôt mise en vente est l’occasion pour Anne-Marie Garat de se souvenir de cette maison habitée par ses ancêtres, ses objets, ses odeurs celles de la vie et celle d’amande amère de la mort aussi.

Dans chacun de ses 5 textes Céline Curiol raconte l’histoire de ces empreintes indélébiles que nous laissent les parfums de nos corps de nos vies et de nos souvenirs.

Le dénominateur commun à ces 2 ouvrages est bien la nostalgie et son parfum est des plus délicats.

JAGJAG

Essences/Actes Sud

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© Philippe Charles

Laurence Leblanc, photographe de l’invisible

Cambodge, Somalie, Sierra Leone, Madagascar, Brésil, Cuba…
Laurence Leblanc parcourt le monde des va-nu-pieds. Son regard est doux, le contraire d’une intrusion. Pourtant avec ses flous, qui suggèrent plus qu’ils ne décrivent, elle saisit cette appréhension du quotidien et du futur qui tenaille ces peuples d’oubliés de l’Occident.

minuitteurRR Lire la suite